LAURENCE CELLARIO
« une femme en roues libres »

Laurence CELLARIO Interview pour Meet Le Mag

Le Grand Prix de Monaco constitue une étape incontournable du Championnat du Monde de Formule 1, l’un de ses temps forts les plus anciens et des plus renommés. Ce circuit éphémère qui s’installe dans les quartiers de la Condamine, en plein coeur de Monaco, offre une configuration unique au monde. Sa mise en place relève de la véritable prouesse technique et humaine: six semaines sont nécessaires pour l’installer et trois pour le démonter !

Mais il se présente aussi comme un véritable défi pour les pilotes qui doivent apprivoiser sa piste étroite, ses virages serrés et ses dépassements limités. Ce défi ne s’impose pas qu’aux seuls professionnels masculins. Les femmes aussi peuvent montrer de quoi elles sont capables ! C’est d’ailleurs à la rencontre de l’une des pionnières de la Formule 1 au féminin, Laurence Cellario, créatrice de l’agence Incentive Concept, que nous sommes allés.

 

Forte de son expérience de voyagiste, Incentive Concept est capable d’organiser une large gamme d’expériences autour de onze Grands Prix légendaires de la saison : Monaco bien sûr, mais aussi Spa, Singapour, Austin, Abou Dabi, Mexico… Rassurez-vous ! Si votre calendrier ne correspond à aucun de ces grands rendez-vous, Laurence Cellario saura trouver une solution pour vous plonger dans l’univers de ce sport mécanique mythique. Elle n’hésite d’ailleurs pas à faire appel à des personnalités comme Allan McNish, trois fois vainqueur des 24 Heures du Mans, ou Daniel Elena, ancien copilote de Sébastien Loeb. Pour une expérience plus vraie que nature.

 

 

Pourriez-vous nous parler de la Formule 1 au féminin ?

La Formule 1 correspond au plus haut niveau de performance au monde en ce qui concerne les sports automobiles. Le monde de la formule 1 est glamour et à la fois très exigeant.

 

Dans le monde du sport automobile, où en est le débat sur l’absence des femmes pilotes en Formule 1 ?

Posons-nous la bonne question : combien y a t-il de jeunes garçons et de jeunes filles en course de karting de haut niveau? C’est un fait, qui relève d’un problème culturel dans les sports automobiles. Les parents ont plus souvent tendance à acheter des Barbies aux filles et des petites voitures aux garçons. Dès la base de la course automobile, nous constatons donc une sous-représentations de jeunes filles qui pratiquent le karting, et très peu se perfectionnent ensuite assez pour passer dans les séries de hauts niveaux, y compris en Formule 1.

Et si le règlement n’empêche pas les femmes de concourir, elles ne sont qu’une poignée à avoir participé au sens large à une manche du Championnat du Monde de Formule 1 depuis 1950…

 

Que pensez-vous de la polémique autour de la conduite des voitures de course et de la force physique des femmes ?

Après la nomination de la Colombienne Tatiana Calderon comme pilote d’essai, la pilote espagnole Carmen Jorda a été remise à sa place pour avoir affirmé que la Formule E, le circuit électrique, était plus adaptée aux femmes que la Formule 1 car « les voitures de Formula E étaient moins physiques ».

Nous ne sommes pas d’accord avec les positions de Carmen Jorda. Oui, la Formule 1 demande un effort physique plus considérable, car il y a plus de forces G (les forces de l’accélération). Mais rien n’empêche de travailler physiquement son endurance et sa force physique, les muscles du cou comme des épaules, pour réussir à êtres aussi compétitives que les hommes. En ce moment, la GP2 (Grand Prix 2) est même plus physique que la Formule 1.

 

Est ce que le milieu est encore très « macho » ?

Bien sûr, comme l’aviation et les autres sport qui regroupent majoritairement des hommes.

 

Quelles sont les caractéristiques physiques et mentales pour pouvoir conduire une voiture de Formule 1 ?

Cela demande énormément de concentration et de résistance.

 

A votre avis quelle est la force des femmes dans cette discipline ?

La patience

 

Y a-t-il un véritable engouement comme pour le football féminin ou le basket auprès du public?

Dans certains pays, oui.

 

Bénéficiez-vous de soutiens, de sponsors actifs ?

Il n’y a pas de différence à ce niveau ! Les pilotes, féminins comme masculins, doivent assurer la gestion de sponsors.

 

A partir de quel âge peut-on avoir cette vocation ?

A partir de 5 ans.

 

On débute souvent par du karting. Or les prix d’une saison en championnat de France oscillent entre 120 000 et 150 000 €. Y-a-t il des programmes ou des organismes qui aident les parents à financer la saison de leur enfant?

Oui il existe des programmes comme ceux proposés par Le Mans, sur le même modèle que d’autres sports onéreux à l’instar de l’équitation. Les jeunes peuvent participer à des championnats régionaux pour 20000 euros, ou nationaux et internationaux pour 100000 euros. Quand les jeunes sont très talentueux, ils peuvent se faire recruter pour courir directement pour des manufactures de karting comme Birel et Tony Kart par exemple.

 

Quels ont été les évènements marquants cette année et quelles figures de femmes retenez-vous ?

Cette année a vu se produire la première saison de la « W séries », championnat  uniquement réservé aux femmes. Concernant la F1, Jamie Chadwick et Tatiana Calderon sont les figures féminines du moment. Mais d’autres jeunes femmes commencent elles aussi à faire leur preuves.

En GT (Gran turismo, compétition de voitures de petite production à tendance luxueuse et sportive), Christina Nielsen et Katherine Legge font la différence.

 

Quels sont les grands rendez-vous à venir?

Les mêmes événements et séries ponctuent chaque année. Mais ceux qui comptent surtout sont le DTM (championnat allemand de voitures de tourisme) et la F1 avec ses nouveaux jeunes loups prometteurs.

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